Déni

le 26-01-24 20:48

C’est quoi ce monde de déni dans lequel on vit ?
On évite tous les sujets en se disant que ça n’arrive qu’aux autres, ou encore on met en place des choses qui ne concerne que certaines personnes en se disant que les tiers n’ont qu’à s’habituer.
Mais comment est-ce possible ça ?
Vous allez lancer que je suis énervé, c’est vrai. Mais j’en ai ras le bol de ce monde qui construit un environnement asocial, rempli d’inégalités jusqu’au plus petit quotidien.
Les laissés pour compte ont éternellement été les pauvres et les vieux, on peut dire ça comme ça, sans froisser personne. Cependant le delta, entre une personne active et une personne retraitée par exemple, était moins fort que maintenant. J’ai toujours vu mon père arriver à faire sa déclaration d’impôts sans aide jusqu’à la fin de ses jours. À son instar, j’ai toujours vu ma mère arriver à payer ses achats avec sa carte dans toutes les situations, elle aussi jusqu’au bout de sa vie. Et 95 ans c’est long…
Mais maintenant, vous êtes sûr que le fossé ne se serait pas creusé juste par déni face à toutes ces optimisations fiscales, bancaires, commerciales et j’en passe ?
L’autre jour je me suis affronté à un problème informatique un peu tordu avec un site bien connu de service coffre-fort numérique, non je ne le nomme pas. Si ?
Non, mais je suis certain que vous savez.
En soi le produit est très bien, très pratique, sauf que comme d’habitude, dès qu’il y a une pécadouille qui ne fonctionne plus, il est quasi impossible de trouver un humain. J’ai donc appelé pour avoir de l’aide, et je me suis retrouvé dans la position du « débile qui ne comprend rien » face à un labyrinthe géant.
D’abord le classique, avoir quelqu’un au téléphone m’a pris sept minutes facturées quatre-vingts centimes la minute. Ensuite la personne que j’ai eue m’a tout de suite informé qu’il n’y avait pas de support téléphonique pour ça et que je devais passer par le chatbot.
Horreur et malheur.
Et puis je ne sais pour quelle raison débile inventée par un informaticien en manque d’adrénaline, il fallait aller sur une page spéciale que je ne trouvais pas dans ce dédale du site web.
Finalement une fois dessus et après avoir entendu « vous verrez, il y a de vrais humains derrière ce chatbot », à la question « je veux parler à un conseiller », le bot m’a répondu « il n’y a aucun conseiller de libre ».
J’ai donc rempli un formulaire et jeté ma bouteille à la mer pour recevoir un mail me disant que je pouvais attendre 24 ou 48 h…
Alors moi, je suis aussi informaticien, je travaille sur le Net (j’ai, je crois, une certaine connaissance du terrain), et je souhaitais juste avoir accès à mes bulletins de salaire qui sont automatiquement posés dans ce service numérique par ma boite. Rien d’autre.
Mon interrogation, je le soumets ici : faut-il avoir un diplôme d’ingénierie « spéciale course polytechnique » pour obtenir des choses simples ?
Tout ça, c’est notre lot commun, je le sais et j’y participe. Mais ne serait-il pas temps de lever un peu le pied pour corriger le tir ?
J’en viens à cette autre anecdote, bien pire. Il y a quelques mois, mon voisin octogénaire est victime d’une escroquerie au téléphone. J’arrive à son secours et sa banque ne peut pas bloquer sans une déclaration à la gendarmerie. Celle-ci le renvoie sur le site web du gouvernement pour les déclarations en ligne, pour y avoir accès il faut un login du style ameli ou impôt. Sauf que lui… n’a rien de tout ça. Il a toujours voulu continuer en mode papier. On ne change pas à la fin de sa vie, c’est comme ça.
La banque refuse de l’aider, la gendarmerie reconduit sur le net, et lui se fait détrousser de deux cents euros et doit remplacer sa CB puisqu’il y a quand même opposition.
C’est quoi le problème des services publics, ils pensent que tout le monde peut se débrouiller tout seul dans toutes ces nouveautés numériques ?
Est-ce que c’est normal, d’abandonner « nos vieux » dans des méandres infranchissables, en s’en remettant finalement au bon vouloir d’un voisin dans la campagne profonde ?
Je terminerais sur une dernière anecdote pour le fun celle-là, parce que… c’est bien fait pour eux.
Nous passions régulièrement commande sur le site web « Adadis ». Du jour au lendemain, plus aucun mode de paiement ne fonctionnait. J’ai tout essayé, deux ordis, deux CB, PayPal, etc. Différentes configurations qu’à mon avis, peu de gens peuvent se permettre.
Nous nous lançons dans un premier chat avec le support sans succès, puis dans un appel à leur hotline, qui en guise de réponse et de résolution nous renvoie gentiment… le lien de notre panier virtuel.
Qui donc ne fonctionne pas.
Que nous ne pouvons pas payer.
Bon cette fois-ci, tant pis pour eux, on commandera chez « Niek », na !

Image par hartono subagio de Pixabay