La perfection

le 16-05-22 21:19

La perfection, ou plutôt non, la recherche de la perfection. Il n’y a rien de tel pour foutre en l’air un projet, une envie ou même une vie.

Alors, écoute-moi bien, toi qui imagines qu’exceller et être parfait ou parfaite est un but dans ton existence, ton travail ou ton comportement, je ne te poserai que deux questions.

Tu recherches cette perfection pour qui ?

N’essaie pas de me faire croire que tu fais ça pour toi-même, TU MENS. Tu tentes d’atteindre ce Graal pour être irréprochable aux yeux des autres, tu le fais pour être le ou la meilleure, une compétition infernale, mais tu savoures ce qu’on pense de toi, tu ne veux pas que l’on condamne ta soi-disant médiocrité (alors que souvent tu es bien meilleur et performant).
Et pourtant je suis certain que même quand tu n’obtiens pas l’admiration de ces autres, tu te plonges dans ton autosatisfaction du genre « je suis comme ça, et ça me fait du bien d’être parfait ».

Pour quoi ?

Tu ne le fais même pas pour gagner (sauf si tu fais de la « compet », mais je doute que ce soit le cas !), tu le fais pour briller, en société, dans l’esprit de tes congénères, ou dans le cœur de tes proches.
Et puis aussi, car tu imagines mériter ta liberté, que personne ne viendra t’embêter, aucun reproche, tu es tranquille, cavalier seul, adulé, besoin de personne, s’éloignant dans le soleil couchant.
Madame ou Monsieur parfait.

La dernière question c’est jusqu’à quand tu vas jouer à ça ?
C’est bien le problème, le monde aime la perfection au point de la mettre sur un piédestal, et toi tu veux l’atteindre. Et on te l’a déjà dit, ou au moins tu l’as entendu… La perfection, ça n’existe pas. Alors quand vas-tu t’arrêter ?

Répète après moi… « La perfection ça… pas ». Tu ne l’atteindras jamais.

Réfléchis, qui attend de toi cette perfection ?
Tes collègues ? Non, ça les gênérait que tu sois intouchable.
Ton patron ? Non plus, à part lui faire lever un sourcil en fin d’année en se demandant si tu mérites une prime, je ne vois pas.
Des inconnus que tu croises ? Ils t’auront oublié cinq minutes après, tout au plus tu feras l’objet d’une information à table le soir, devant un bol de soupe, ils diront qu’ils ont rencontré quelqu’un qui était « très fort ».
Tes amis ou tes potes ? Leur payer une bonne bière et rigoler un coup devrait suffire.
Mais le pire tu ne l’as pas entendu encore. Écoute bien, ouvre bien les écoutilles : ta famille et tes proches s’en contrefichent royalement. Si si, ceux et celles avec qui tu partages ton quotidien, te connaissent trop bien d’abord pour savoir que tu n’as pas atteint la perfection et ensuite et surtout ne l’attendent pas de toi. Ils t’aiment pour ce que tu es, juste et simplement toi, sans fioriture.
C’est drôle non ? Souvent, tu te comportes en Attila de l’absolu pour ceux qui t’entourent, pour leur donner le meilleur, et pourtant ce sont eux que ton attitude gêne le plus. Tu les enquiquines avec ça.

Bien, tu en veux encore ou je m’arrête là ? Oui, tout cela génère beaucoup de « bruit » dans ta tête (cf. Le bruit). Tu ne veux toujours pas une bonne adresse de psy ? 

image pixabay/Reimund Bertrams