10 h 55

10 h 55

— Ce n’est pas normal…
Paula passa doucement le portail grand ouvert du centre.
— C’est toujours fermé et il faut sonner pour entrer.
Plus ils avançaient, plus les choses les surprenaient. Les ouvertures du rez-de-chaussée de l’immense bâtisse étaient également béantes. Paula savait où aller, même si elle déposait son fils à l’entrée des prises en charge de jour, elle connaissait la salle où il vivait le plus clair de son temps.
— Suis-moi.
Arrivé devant une double porte bien fermée celle-ci, David tourna la tête en direction des pots de fleurs sur le côté. Elles avaient également commencé à s’entrelacer à l’identique du champ derrière leur bureau.
— Mais qu’est-ce qu’il se passe ? C’est quoi ce truc avec les plantes  !?
Il tendit le bras pour toucher une feuille, mais il fut interrompu. Alors que les portes s’entrouvraient, Timothée apparu, seul.
Paula se jeta sur lui.
— Mon chéri !
Elle regardait partout autour d’elle et derrière lui, mais il n’y avait pas âme qui vive.
— Ma-man.
— Oui mon chéri, qu’est ce qu’il y a ?
Timothée n’était pas grand pour son âge, si bien que Paula le souleva dans ses bras sans aucun problème.
— Il y a quelqu’un ?
En s’avançant un peu, ils percevaient des bruits de pas qui se rapprochaient. Quelques instants plus tard, le directeur était face à eux, l’air perdu, hébété, la chemise salie et froissée par ce qu’on pouvait penser une bagarre.
— Monsieur Jonhson ?
— Ils se sont tous mis à crier ensemble, ça n’était pas possible de les retenir.
— Qui ça ?
— Les enfants, ils se sont tous levés en criant. On a voulu les empêcher, mais ils étaient trop forts.
— Les enfants ? Trop forts ?
— Vous n’imaginez pas, c’est comme s’ils étaient devenus des monstres.
Paula scrutait le jeune garçon intensément.
— Mais pourquoi Timothée est-il là ?
— Je ne sais pas, peut être qu’il vous attendait ?
Se dégageant des bras de sa mère, il se laissa glisser au sol et la tenant par la main, s’approcha des plantes et tendit le doigt vers elles.
— Aller là.
David et Paula échangèrent un regard comme si les choses s’éclaircissaient.

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