10 h 32

10 h 32

— Kate s’il te plait décroche, décroche, décroche…
Il surveillait Paula qui ne semblait pas avoir plus de chance en appelant le centre.
— Ça ne répond pas. Merde, qu’est ce qu’il se passe ? Il faut que j’y aille.
Elle avait déjà attrapé son sac pour trouver ses clefs de voiture, prête à partir.
— Non attend, regarde dehors, tout est de plus en plus bloqué.
— Mais je ne vais pas rester là sans rien faire ?
— Il doit bien y avoir une info quelque part.
Ses doigts se lancèrent aussi vite que possible sur le clavier, comme si le temps pouvait être défié par sa virtuosité.
En à peine quelques secondes, l’information principale apparaissait sur son écran. Il sentit que la blancheur cadavérique l’envahissait, ce qui ne manqua pas d’alarmer sa collègue.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle courut pour se placer derrière lui.
Sur le site de presse nationale s’écrivait en énorme un seul mot : « Guerre ».
David se mit à lire à voix haute le résumé.
«  La guerre est officiellement déclarée entre les plus grandes puissances mondiales. L’intervention de l’ONU est malheureusement restée sans effet, les dirigeants n’ayant rien voulu céder. Les conflits ont déjà commencé sur les territoires américains, européens, russes et asiatiques. Après une salve de missiles classiques, qui ont atteint Paris, Londres et Berlin, les pays ont immédiatement répliqué vers les zones militaires des attaquants. Les porte-avions américains eux, font route vers les cotes chinoises depuis hier.
Tout permet de penser que ce nouveau conflit mondial a toutes les possibilités de dégénérer et d’utiliser l’arme nucléaire. Conformément aux accords du Commonwealth, les troupes de notre pays sont sur le départ afin de prêter main-forte à nos alliés et rejoindre les frontières asiatiques.
Le gouvernement australien souhaite pour l’instant rassurer la population. Les batailles sont à ce jour loin de notre territoire. S’il convient de ne pas s’alarmer dans la démesure, un coup de force international nous portera forcément préjudice. Il est demandé à tous d’être conscient que certaines habitudes devront changer, mais que nous sommes pour l’heure en sécurité sur notre continent. »
Médusés parce qu’ils venaient de comprendre, David et Paula restaient sans bouger.
— Putain ils l’ont fait ces tarés.
— Merde.
— On vit vraiment dans un monde devenu complètement fou.
Un rapide coup d’œil par la fenêtre de gauche montrait des véhicules à perte de vue, quant à celle de droite, elle laissait désormais apparaitre une sorte de construction, brassage imposant de branchages et de feuilles commençant à s’opacifier.
— C’est dingue ! On dirait un immense dôme.
Ils ne savaient pas quelle information était la plus importante.

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